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Norrington, · James · Norrington


FIC : Tremblement sur Port Royal [3/?] - James Norrington/Jack Sparrow - PG

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Titre : Tremblement sur Port Royal
Auteur : annaoz
Disclaimer : A Disney, Ted Elliott & Terry Rossio
Personnages : James Norrington/Jack Sparrow
Rating : PG
Genre : Slash très très discret, blablabla.
Nombre de mots : 1469

Suite de la suite, exclusivement exclusif, ne raconte rien, n'apporte rien à l'histoire, fait un peu pitié, oui *sighs*, mais est pensé et écrit pour little_meenoo si elle en veut, parce qu'elle est TRES patiente (mais que non, je n'ai pas oublié le Jack & Ianto promis *re sighs*).

Spoilers sur le 2, déni total du 3, lalala...


Plus le jour s’égrainait, dans un mauvais crachin que le vent menait bon train, s’abattant sur la cime des arbres, plus les rumeurs de Port Royal englouti devenaient lointaines, finalement muettes quand la troisième colline fut dépassée.

James en avait eu assez de marcher derrière le pirate, celui-ci prenait trop de plaisir à butter dans les talus de tourbe, les détachant d’un coup de botte adroit pour envoyer valser en arrière du talon à chaque pas sur trois : Norrington, en plus de la pluie, s’était bouffé son content de boue, passer en tête lui éviterait au moins cette pitance-là.

Du reste, il ne craignait pas vraiment de manigances de Sparrow, tous deux étaient dans une galère indicible, pas plus lui que le capitaine fantoche ne semblaient vouloir s’en tenir à autre chose que ce qui était prévu : se tirer au plus vite et plus loin de là.

Ils grimpèrent donc, les doigts poisseux de terre mouillée à force de s’accrocher à toute prise qui ne cédât pas immédiatement sous leurs poids, sans s’adresser une fois la parole. Il y eut bien des grognements d’un côté ou de l’autre, lorsque l’un des deux hommes s’étalait une fois supplémentaire, mais à part ça, pas un mot.

Pour James, c’était normal, il ruminait en silence ses sombres pensées, comment d’au plus bas il avait dégringolé encore quelques échelons, de ceux qui différencient l’être humain civilisé de l’indigent, pour ne pas dire de l’animal ; dans le cas de Sparrow, néanmoins, un tel manque de vocabulaire était inhabituel, le pirate semblait n’être venu au monde que pour ouvrir son intarissable clapet sur tout et n’importe quoi, de préférence ce qui ne le concernait d’aucune sorte… et là, il paraissait souffrir pour le moment de la plus complète aphonie.

Or, James, après avoir remâché tous les événements du jour entre ses dents, était à présent d’humeur à en causer. Et comme il n’avait guère un choix étendu d’interlocuteurs…

« Que va-t-on faire à Ewarton, je n’ai pas un sou vaillant en poche et toi non plus, il va nous falloir d’autres habits dénonçant moins notre statut… »

Le pirate s’était arrêté un peu en contrebas tandis qu’il parlait, les yeux vissés sur deux racines enchevêtrées qui couraient sous une souche à moitié arrachée.

« …à manger aussi, et à boire… j’ai un goût de vase au fond de la gorge qui me rend fou… Et de quoi dormir au sec… » continuait Norrington, ignorant le manque de réponse venant dans l’autre sens. Se faisant à lui-même la conversation, loqueteux superbement courbé sous la pluie battante, il se sentait particulièrement misérable, trempé, seul, ce qui était exact au moins sur les deux premiers points et commençait lentement à l’agacer sur le troisième : pourquoi diable ce coquin de Sparrow, celui qui l’avait gavé de babillages incessants durant tout leur enfermement commun, de nuit comme de jour, qu’il ait été en train de se remplir la panse ou de pisser tout son saoul, pourquoi ce satané pirate semblait-il à présent incapable de pousser quoi que ce soit de plus intelligible qu’un gémissement de bête ? Ca l’agaçait, oui, PRODIGIEUSEMENT !

« …et tant que nous y sommes, peut-être pourrions-nous aussi t’y dénicher une langue, Sparrow, tu ne crois pas ? … Ah mais, sacredieu, parle, bon sang ! » cracha James, laissant exploser son impatience et jugeant derechef qu’il laisserait exploser le reste, ses poings en premier, si l’escogriffe ne se décidait pas à lui faire enfin l’aumône d’une parole ou deux.

Pour que ses oreilles soient prêtes à entendre le vocable trop longuement retenu du pirate, il glissa en arrière de quelques pas, lui barrant le passage, afin que son intention de dialoguer soit sans équivoque. Que Sparrow l’ignore encore et c’était sa main dans la face assurée !

Mais Sparrow ne l’ignora pas, Sparrow étira grande sa bouche de capitaine halluciné, découvrant des dents imparfaites et un sourire que Norrington n’aima pas.

« On est affamé de mots doux comme du miel, mon Commodore, on veut un peu de ma jacasserie pour se vider la tête de celle du soldat mort ? Je te comprends, l’ami, que ne l’as-tu dit plus tôt ! »

Il le regardait avec une intensité étonnante, les bras courbés à mi ciel pour maintenir l’équilibre établi par ses jambes plantées dans la boue, tel un danseur de menuet en tenue de lavasse suspendu en plein mouvement : il n’avait pas l’air d’appartenir à ce monde de fuite épouvantable.

« Si je te répondais que oui, pirate, oui, je crève d’envie de t’entendre bavasser pour oublier que j’ai vu la mort de près ce matin, tu en rirais à te tordre les côtes… n’y compte pas trop ! »

Jack Sparrow accueillit la réplique comme on se prend le vent de face, en cillant à peine moins qu’une cocotte effarouchée.

« Il faudra un jour que tu me laisses le bénéfice du doute, Jamesie, le Kraken m’a privé de quelques choses utiles, mais pas de mon cœur… »

Ce qui signifiait ? James ne s’offrit pas le luxe de creuser d’avantage les confidences de Sparrow car, en plus que le martèlement de la pluie, il y avait tout proche un bruit d’éclaboussement rythmé, tel qu’auraient pu produire les roues d’un chariot si on s’était acharné à le faire avancer vaille que vaille contre les éléments.

Il y avait donc une route – et des gens dessus – pas loin de là.

Qu’il ait été sage ou non de la chercher, James n’eut pas plus le temps de se le demander : le pirate l’avait attrapé par la jambe et flanqué par terre, nez à nez avec les souches.

Avant que son assaillant lui maintienne de force un majeur tendu contre les lèvres, il y eut un « Bougre de.. » qui se perdit dans l’air, puis, tout juste du silence.

Ce n’était qu’un doigt, certes, et James fut assez tenté de le mordre un grand coup pour s’en débarrasser, mais la mine du propriétaire de ce doigt était tellement sévère, tellement féroce, même sous son faciès habituel de primate dégénéré, qu’il hésita.

« A combien se monte le nombre de tes amis en Jamaïque, mon Commodore, mmmh, dis-moi ? » souffla Sparrow. « Assez nombreux pour que les gars qui quittent Port Royal en poussant une charrette chargée de biens pas forcément à eux en fassent partie ? Tsssss, Jamesie, tu as de drôles de fréquentations !! »

« Va te faire voir, mon Capitaine ! » grinça-t-il tout bas sans ajouter rien d’autre, car, hélas, mille fois hélas pour son amour propre, l’autre homme avait raison.

Après tant d’années passées à se laisser couler corps et biens dans la déraison, ce ne fut pas facile pour James Norrington d’admettre qu’au jeu de la survie en territoire possiblement hostile, Sparrow était incontestablement son maître, ce ne fut qu’en serrant fort les dents qu’il accepta de suivre les indications du pirate, impliquant que celui-ci reprenne la tête et que James ait de nouveau de la gadoue pour seul déjeuner.

Quelques miles plus loin, en plus de la boue, il reçut des mains de Sparrow une tige de canne à sucre arrachée au sol de moins en moins détrempé à mesure qu’ils avançaient à l’intérieur de l’île. Pour cet élan impromptu de générosité, son compagnon d’infortune sembla attendre un vague remerciement ; il ne lui en offrit pas.

Dès lors, James mâchouilla.

Il en était rendu à la moitié de la tige au moment où Sparrow décida qu’il faisait assez sombre, qu’ils s’étaient assez souvent pris les pieds dans les cahots obscurs du chemin qu’ils ne devinaient plus, pour qu’on fasse du jour une nuit.

Ils dormirent l’un à côté de l’autre, Sparrow et Norrington recroquevillés entre deux replis de terre jamaïcaine, en gardant toujours un œil et une oreille ouverts sur les huit qu’ils possédaient.

Au matin, ils repartirent au signal de Sparrow.

James, faute d’avoir autre chose sur quoi se faire les crocs, se remit à mâchouiller son restant de canne à sucre, et mâchouilla tout droit jusqu’à Ewarton.

Là-bas, la terre était rouge et plate, le village poussait mal charpenté entre les cocotiers, il n’y avait ni la vie crasseuse de Port Royal dans les rues s’évasant large avant la fuite vers le relief des collines, ni les clameurs et odeurs de mer qui plaisaient tant à un homme d’océan comme lui. Des cochons abrités derrière des clôtures de paille venaient pousser leurs groins curieux entre les trous ouverts au vent à leur passage. Sparrow sifflotait en se frottant le flanc. James, transi de froid, de faim et de fatigue, se sentait prêt à siffler avec lui s’il leur dénichait un feu, une table et un lit garni de draps secs.
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On le 28 novembre 2007 14:28 (UTC), zakath_nath commented:
J'aime beaucoup ta fic, j'aime bien l'idée d'avoir pris comme point de départ un événement réel et d'avoir plongé Jack et Norrington là-dedans.
J'ai hâte de voir comme ça va évoluer.
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On le 29 novembre 2007 18:52 (UTC), annaoz replied:
Merci !!

En fait, c'est en cherchant à la base des infos sur Port Royal que j'ai appris que la ville ancienne avait été complètement ravagée par un tsunami pile poil à l'époque où sont sensés se situer les films, c'était trop incroyable pour que je ne m'en serve pas :pp

La suite (qui sera rapide, j'espère très fort ^^') sera plus légère que le début, la vraie cohabitation commence :D
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On le 28 novembre 2007 18:53 (UTC), frudule commented:
cette fic, je crois que je l'aime de plus en plus, peut-être parce qu'elle prend son temps pour amener une relation (ou non d'ailleurs, je verrais!) peut-être parce que j'ai de plus en plus d'amour pour norrington quand je lis aussi ^^
ah mon commodore!!

et pis ce sparrow délicieusement déroutant et agaçant même de loin!

bref, tu sais quoi? et ben ça fait du bien de lire de tes fics ^^
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On le 29 novembre 2007 19:26 (UTC), annaoz replied:
ah ah, en effet, la fic prend son temps, voilà qui est très bien dit ^^;;; (argh, trois chapitres en un an, c'est... trois de plus que pour DoL :DD). Pour ce qui est de la relation, ça se décante mais il y aura bien un truc bien Sparringtonien qui arrivera un jour, je jure ! (là, c'est juste James qui rumine mal sa chute, va lui falloir du temps pour se remettre, pauvre petiot ^^;;;) ah oui, ce commodore, il est aimable ^_______^ Et Jack va bien vouloir un jour que je l'écrive vraiment Sparrow, sniff, il est assez incontrôlable.

Merci, ô ma 'dule que j'aime !!
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On le 28 novembre 2007 20:03 (UTC), little_meenoo commented:
Oooooh ! Merci tout plein !!! ^_________^
Une fic sur Jack et Norrington ? Bien sûr que j'en veux ! **
C'est trop gentil !
Je file lire les deux chapitres précédents et je reviens !

oh, et ne t'en fais surtout pas pour Ianto et Jack, je peux être encore plus patiente ^^
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On le 29 novembre 2007 19:27 (UTC), annaoz replied:
Oh non, ce n'est pas gentil, c'est totalement opportuniste, je m'achète du temps de patience supplémentaire sournoisement :pp
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On le 30 novembre 2007 14:22 (UTC), little_meenoo replied:
Attends, attends, on va la refaire !
Oooh, comme c'est fourbe ! Comme c'est vil et sournois ! À tel point que je me suis complètement faite avoir ! Je suis abasourdie de tant de fourberie !
Mais bon, c'est quand même du Sparrington (et même du très bon Sparrington !) **
Et puis comme on dit, c'est l'intention qui compte, n'est ce pas ?
Donc merci touuuuut plein quand même-euh ! ^________^
*câline*
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On le 28 novembre 2007 20:48 (UTC), little_meenoo commented:
Aaaaah, j'aime ! **
Ils sont à plaindre tous les deux à se promener dans la boue. Mais c'est amusant de voir le retournement de situation : James qui ressent le besoin d'écouter les bavardages du pirate alors que ça l'avait agacé jusque là. A croire qu'il s'y est habitué durant le temps qu'ils ont passé en prison ! ^^
En tout cas, tout ça est vraiment bien écrit. J'aime beaucoup tes descriptions !
Merciiiiii !!! ^_______^
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On le 29 novembre 2007 20:34 (UTC), annaoz replied:
J'avoue, je marche très fort aux retournements de situations avec ces deux-là (et hum, ça se voit pas encore tout à fait, mais vu qu'il avait bien fallu expliquer le passage de Jack par le Kraken par un truc un poil surnaturel, Sparrow n'est pas tout à fait dans son état normal - quand l'est-il, rétorquera-tu, et tu auras raison ^^ - donc ça tape un peu plus que d'habitude sur le système de Norrington).

De rieeeen (c'est vraiment pas grand chose, ah ah *brandit son épée de lumière pour vaincre l'improductivité ficcienne qui se prolonge, argh*), merci à toi !
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On le 30 novembre 2007 14:39 (UTC), little_meenoo replied:
Oooh, tu as trouvée ta propre explication à la sortie de Jack du Kraken ? Il me tarde de lire ça !
Lol ! Comme tu dis, il est fort difficile de savoir quand Jack est dans son état normal. En fait, c'est quand il commence à devenir sérieux qu'il a tendance à avoir l'air le moins normal et a en devenir effrayant ^^;;
Et je crois que de toute façon, Norrington se débrouillera toujours pour trouver quelque chose de déplaisant dans l'attitude du pirate, quoi que Jack fasse ^^;;

(ooh, diiiis, si ta splendide épée de lumière marche, tu voudras bien me la prêter ? Je crains fort d'être moi aussi dans une période d'improductivité ficcienne, et ça me fruuustre >_< Courage donc !!! )
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On le 05 décembre 2007 10:49 (UTC), ladysammy commented:
Quel plaisir de retrouver cette histoire par ici! ^^

J'aime beaucoup... Du Jack, du James, et ce petit tremblement de terre.. J'adore! J'ai hâte de découvrir la suite!
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On le 05 décembre 2007 14:49 (UTC), annaoz replied:
Oh merci, une communauté dédiée à James, c'était trop beau pour passer à côté sans y poster :)))

Pour la suite, je vais vraiment essayer que ça ne tarde pas, il faudra surtout que je trouve un ordi où taper tout ça ^^;;;
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On le 07 mai 2008 21:32 (UTC), aiko_chanm10m commented:
Arf, à quand la suite?? Je l'attends depuis tellements longtemps T.T!
J'aime beaucoup ce que tu écris!
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On le 08 mai 2008 04:25 (UTC), annaoz replied:
Merci, je suis super contente que ça te plaise ^^;; Et je suis désolée de faire attendre la suite, j'ai beaucoup beaucoup de boulot en ce moment et peu de temps pour écrire, mais ça devrait se calmer dès la fin/début juin, donc ça arrive :)
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