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Norrington, · James · Norrington


Sur la plage, abandonnés (3/3)

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Titre: Sur la plage, abandonnés (3/3)
Disclaimer: Tout à Disney, Ted Elliot, Terry Rossio...
Auteur: zakath_nath
Rating: PG
Personnages: Norrington, Jack
Genre: aventures
Résumé: Jack et Norrington jouent aux Robinsons suisses.
Avertissement: se passe environ six mois après le premier film et ne prend pas en compte les deux suites.
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Chapitre 3
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Où la cohabitation ne se conçoit plus du tout
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Jack essuya machinalement la sueur qui lui coulait dans les yeux et rajusta la bandoulière du fusil qui commençait à glisser le long de son épaule. Lui et Norrington avaient décidé que leur tour était venu de chasser, après plusieurs jours de régime à base de racoon grillé.

« Sans vouloir vous offenser, mon vieux, avait lancé Jack à un Addison furieux, la faune de cette île doit être plus variée que ça. »

Le capitaine ne s’était séparé de son arme qu’à contrecoeur, et uniquement car il ne pouvait s’opposer ouvertement à Norrington, qui avait donné son accord.

Le commodore avait porté le fusil une bonne partie de la matinée, mais l’avait cédé à Sparrow après deux essais infructueux sur de malheureux volatiles. Norrington avait prétendu que sa blessure au visage le faisait souffrir et l’empêchait de se concentrer, tandis que le pirate commençait surtout à le soupçonner d’être complètement myope.

À présent, l’officier avait pris un peu de retard, toujours gêné par son absence de souliers. Il avait un temps envisagé d’emprunter les chaussures d’Addison ou de Hunt, qui avaient déclaré qu’ils passeraient la matinée à pêcher, mais aucun d’eux ne faisaient sa pointure. Norrington s’était donc arrêté un instant sur une petite avancée rocheuse surplombant la rivière, et en avait profité pour utiliser une vieille lunette qui avait été jeté à la va-vite dans le canot d’Addison bien des jours auparavant. Pendant qu’il observait le large dans l’espoir d’apercevoir une voile, Jack avait continué à se frayer un chemin dans la forêt, jetant de fréquents regards en arrière pour voir si le commodore n’avait pas enfin repris sa route.

Le fait que Norrington lui ait confié le fusil ne l’avait en fin de compte que modérément étonné. Le commodore paraissait toujours méfiant à son égard – car qui pouvait faire confiance à Sparrow ? – mais ne devait pas pour autant l’estimer capable de l’abattre froidement.

Ce en quoi il avait parfaitement raison, songea Jack en écartant une branche qui lui barrait le chemin. Il était peut-être vraiment trop tendre pour un pirate, après tout.

Le tendre pirate se figea brusquement en entendant un hurlement derrière lui. Faisant brusquement demi-tour, il arriva bientôt à l’endroit où Norrington s’était arrêté. Mais de Norrington, plus aucune trace.

« Eh ! »

La voix venait de par-delà le rebord de l’escarpement. S’agenouillant prudemment, Jack se pencha et aperçut le commodore quelques mètres plus bas, pris dans les branches d’un maigre arbuste poussant à flanc de falaise.

« Bon sang, comment avez-vous fait votre compte ? lança Jack. Vous n’aviez pas vu que vous étiez proche du bord ? Je vais finir par croire que vous êtes réellement bigleux, vous savez ?

– Rendez-vous plutôt utile en me tirant de là, Sparrow, cracha Norrington, qui semblait avoir du mal à parler et dont le bras droit formait un angle étrange. Je ne vais pas tenir toute la journée. »

Le flibustier s’apprêta à répliquer une fois de plus, mais un craquement sinistre venant d’une des branches soutenant le commodore l’en dissuada.

Quelques minutes plus tard, il revenait avec une liane suffisamment solide pour tenter le sauvetage, à laquelle Norrington s’accrocha de son bras valide. Le hisser en haut du surplomb ne fut pas une mince affaire, mais enfin, il y parvint, crachant ses poumons.

« Franchement, mon vieux, vous ne savez plus quoi inventer pour vous rendre intéressant. Vous ne savez pas que le bord des falaises a tendance à être glissant ?

– Je n’ai pas glissé, répondit sombrement l’officier en tâtant ses côtes, ce qui lui fit lancer un grognement de douleur. On m’a poussé. »

Il braqua son regard sur Jack, les yeux étrécis.

« Eh, l’ami, si c’est moi qui vous avais balancé, je ne me serais pas donné tout ce mal pour vous tirer de ce mauvais pas ! D’autant que j’aurais pu vous abattre avec le fusil. Je vise un peu mieux que vous, sans vouloir vous contrarier.

– Effectivement, souffla Norrington en essayant tant bien que mal de se relever. Ce qui ne nous laisse pas une longue liste de suspects.

– Addison ou Hunt, confirma Jack. Ou plutôt Addison et Hunt. Je doute que Hunt aurait l’idée de vous zigouiller sans qu’on la lui souffle. Hunt sous les ordres d’Addison… Si vous avez été poussé, bien sûr.

– Je ne m’imagine pas des choses, Sparrow.

– Non, non, évidemment. Je soupçonnais bien qu’ils finiraient par tenter quelque chose de ce genre. Je me demande ce qu’on peut faire ? Revenir au camp en leur faisant croire qu’on ne flaire rien de bizarre ? Vous pensez avoir glissé, et je vous ai courageusement sauvé la vie, au péril de la mienne. Car vous auriez pu m’entraîner par-dessus bord, après tout. Vous n’êtes pas léger… À propos, pour les remerciements, j’attends toujours. Eh, vous m’écoutez ?

– Hmm ? Non, j’avais cru apercevoir une voile à l’horizon, fit Norrington en détachant les yeux de la mer.

– Là, vous vous imaginez vraiment des choses. Écoutez, mon vieux, on a le fusil, un sabre chacun. Qu’est-ce qu’ils ont, eux ?

– Je crois que Hunt a le pistolet… Celui que vous aviez trouvé à bord de notre chaloupe.

– C’est moi, ou nous avons un peu trop fait tourner les armes, ces derniers jours ?

– Ils doivent avoir un sabre chacun… Addison a gardé une bonne partie de la poudre à fusil, mais sans fusil, ça ne le mènera pas loin. Sauf s’ils en ont un autre et qu’ils nous l’ont caché… »

Jack contempla un instant Norrington, et devant son air mal en point, prit une décision.

« Je crois qu’il est préférable que vous restiez là. Enfin, pas là, à découvert, mais dans le coin. Vous n’êtes pas en état de vous battre ou d’utiliser le fusil. Je vais discrètement redescendre pour voir ce qu’ils mijotent. Je doute qu’ils soient à la pêche. »

Le commodore ne semblait pas ravi de cette décision, mais il dut se ranger au point de vue de Jack. Celui-ci reprit donc le chemin qu’ils avaient gravi dans la matinée, marchant le plus doucement possible. Hunt ou Addison pouvaient se trouver derrière chaque arbre, prêts à l’abattre.

Ce fut pourtant Jack qui repéra l’un des deux hommes le premier. L’aspirant Hunt avançait rapidement devant lui, visiblement pressé de rejoindre son supérieur. Malgré ses précautions pour passer inaperçu, le pirate dut se faire repérer, car le jeune homme se retourna soudainement.

« Qu’est-ce que vous faîtes ici ? lança-t-il d’une voix anxieuse, portant la main au pistolet à sa ceinture.

– Allons, pas la peine d’avoir peur du vieux Jack, je redescendais juste chercher de l’aide. Le commodore a eu un accident.

– Un accident ? »

Hunt mimait très mal la surprise.

« Oui, très fâcheux, continua Jack, en continuant d’avancer calmement. En fait, je crois qu’il est mort. »

Une expression de soulagement, vite dissimulée par un air faussement inquiet, passa sur le visage de Hunt :

« Vraiment ? Que s’est-il passé ?

– Il a fait une chute malencontreuse. Je lui avais bien dit qu’il était trop près du bord, mais qui m’écoute ? Enfin, il n’est plus en état de le regretter.

– C’est… C’est horrible. Il faut prévenir le capitaine Addison, fit Hunt en reprenant sa marche. Vous, euh… vous l’avez vu tomber ?

– Oui. Je t’ai vu le pousser, en fait. »

Hunt stoppa une nouvelle fois brusquement, et il n’avait plus l’air seulement anxieux, cette fois-ci :

« Qu’est-ce que vous racontez ? Je n’ai pas vu le commodore de la matinée.

– Allons, mon garçon, je ne suis pas né de la dernière pluie. J’avais bien prévenu Norrington de se méfier de vous, mais là encore, il n’a pas daigné m’écouter. Le vieil Addison t’a ordonné de le faire, n’est-ce pas ?

– Non, je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler !

– Je ne sais pas ce qu’il a bien pu te raconter, s’il t’a promis une promotion, s’il t’a fait croire que le pauvre Norrington était aussi un pirate, à vrai dire, ça m’est égal, mais tu as commis une grosse erreur. Tu peux encore te rattraper, tu sais ? »

Hunt avait reculé jusqu’à se retrouver dos à un tronc de cocotier, sa route barrée. Devant sa mine affolée, Jack aurait presque pu avoir pitié de lui… Mais Hunt n’avait pas dû hésiter longtemps avant de pousser Norrington dans le vide, et il se souvenait encore de son attitude sur le pont du Foudroyant.

« Sois raisonnable, tu peux t’en sortir en roulant avec moi. Addison se débarrassera de toi à la première occasion. Il t’a dit d’éliminer le commodore, et j’imagine que j’étais le suivant sur la liste. Mais une fois qu’il t’aura utilisé, il ne voudra plus avoir dans les pattes un petit gars pas très malin capable de raconter partout qu’il a tué Norrington et…

– Le capitaine ne m’a pas ordonné de pousser le commodore, protesta une nouvelle fois Hunt en se cognant contre l’arbre en essayant de reculer. Il n’a… »

Le choc provoqué l’empêcha de terminer sa phrase. Une demi-douzaine de noix de coco se détacha des branches et Jack avait à peine ouvert la bouche pour l’avertir que l’une d’elle, avec un craquement écoeurant, s’écrasa sur le crâne de l’aspirant qui s’écroula.

« Bougre de… » marmonna Sparrow en laissant choir son fusil pour courir à son secours, une fois la pluie de noix de coco achevée.

Il secoua un instant le corps inanimé de Hunt avant de se rendre à l’évidence.

« Vous auriez pu parier que ce petit imbécile aurait une mort aussi idiote que sa vie, n’est-ce pas Sparrow ? »

Le pirate se retourna instantanément et poussa un juron. Addison se tenait devant lui, le fusil braqué sur sa poitrine. Comment avait-il pu être assez bête pour le lâcher ?

« Depuis combien de temps êtes-vous là ?

– Je suis arrivé à cet intéressant moment où vous lui proposiez de se joindre à vous. Il aurait été assez bête pour accepter, je pense. Au fait, si cela vous intéresse de le savoir avant de mourir, je ne lui avais effectivement pas donné l’ordre de tuer Norrington, bien que je ne regrette pas d’apprendre sa mort.

– Non, vraiment ? »

Tout en parlant, Jack commença à s’éloigner du corps de Hunt, cherchant des yeux une échappatoire, tandis qu’Addison le suivait du regard:

« Eh non. J’avais bien prévu de vous faire éliminer, mais Hunt devait attendre mes ordres. Son initiative était regrettable, mais en fin de compte quelle importance ? Je n’ai plus qu’à vous abattre et l’affaire est conclue. Je vous remercie de m’avoir rendu le fusil, d’ailleurs. Cela m’aurait été fort inutile sans lui » conclut Addison en tapotant la réserve de poudre contenue dans un sac de toile accroché à sa ceinture.

Jack se mordit les lèvres. Il ne pouvait pas se laisser avoir aussi bêtement.

«Écoutez, mon vieux, je crois que vous commettriez une grave erreur en me tuant. Qui vous dit que vous pourrez survivre seul sur cette île…

– Je n’aurais pas à y rester longtemps. Au moment où je vous parle, un navire approche, sans doute pour faire de l’eau. Ils ne laisseraient pas un naufragé croupir ici. »

Jack se souvint de la voile que Norrington prétendait avoir aperçu un peu plus tôt. Le commodore n’était peut-être pas totalement bigleux, après tout.

« Des coups de feu pourraient alerter les marins et leur faire faire demi-tour…

– Ils sont encore loin, et… »

Jack n’eut pas le temps de savoir pourquoi Addison s’était interrompu. Il vit le capitaine braquer son fusil sur un point situé derrière lui, puis il y eu un bruit assourdissant et une explosion de chaleur.

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Jack aurait bien aimé rester couché encore un moment. Le tangage et le roulis de son brave Pearl le berçaient agréablement, mais la lumière qui filtrait à travers les fenêtres de sa cabine l’aveuglait à travers ses paupières fermées et un pénible grattement lui vrillait les tympans. Ouvrant les yeux, le pirate réalisa qu’il n’était pas à bord de son navire – comment aurait-il pu ? – mais dans une cabine minuscule, allongé dans un hamac. Tournant la tête, il aperçut à seulement quelques centimètres de lui Norrington en train d’écrire. C’était le bruit de la plume sur le papier qui l’avait dérangé.

« Qu’est-ce que…

– Ah, enfin, vous êtes réveillé. Dieu merci, je n’aurais plus à supporter ces ronflements. »

Norrington posa sa plume et se tourna vers lui. Malgré son bras en écharpe et la balafre qui se détachait sur son visage, il avait bien meilleure allure que dans les souvenirs de Jack, rasé de près et habillé d’un costume civil élégant, bien que visiblement un peu étroit aux entournures.

« Où sommes-nous ?

– Sur le Kestrel, un vaisseau marchand se dirigeant vers Port Royal, après une petite halte à Hispaniola dans quelques jours. J’avais bien aperçu une voile, voyez-vous. »

Jack décida de ne pas tenir compte de l’autosatisfaction dans la voix du commodore.

« Mais comment avons-nous atterri là ? Et Addison ?

– Oh, il a explosé. »

Jack se redressa tant bien que mal :

« Vous pouvez répéter ? »

Norrington reprit sa plume et tout en la taillant avec soin, daigna éclairer Jack :

« Peu après que vous m’ayez laissé seul, je suis revenu sur ma décision. Même si je ne pouvais être d’une grande aide en cas de bagarre, il était plus judicieux de rester ensemble. Quand je suis enfin parvenu à vous rejoindre, Addison vous tenait en joue. Vous me tourniez le dos et Addison ne m’a remarqué qu’au moment où j’ai récupéré le pistolet de Hunt. Je lui ai tiré dessus dans l’intention de le blesser, mais j’ai raté mon coup.

– À la distance où vous deviez être de lui ? Décidément, vous avez la vue basse.

– Je vous rappelle que mon bon bras était cassé, rétorqua Norrington, vexé. En tout cas, si je n’ai pas atteint Hunt, je n’ai pas manqué sa réserve de poudre. Vous avez eu le poil un peu roussi, dans l’affaire. »

Jack se laissa retomber dans son hamac, puis, après un instant de réflexion, reprit la parole :

« Alors, quelle est la suite du programme ? »

Norrington haussa les épaules :

« Je vous l’ai dit, direction Port Royal après une petite escale à Hispaniola. L’équipage de ce navire ne se fait aucune illusion sur votre profession, mais j’ai comme l’impression que leur cargaison n’est pas tout à fait au-dessus de tout soupçon, aussi, je doute qu’ils cherchent à attirer l’attention des autorités en vous signalant. Vous seriez donc bien inspiré de débarquer à Hispaniola. Si vous mettez les pieds à Port Royal, naturellement, je vous pend haut et court.

– Naturellement. Je commence à comprendre comment fonctionne votre petite cervelle. Ça ne doit pas être facile tous les jours de concilier votre sens du devoir à votre sens de l’honneur, hein, mon vieux ? Ça a du vous faire un choc quand vous avez réalisé que ce n’était pas exactement la même chose. Vous voyez, moi, je ne perds pas mon temps à m’embarrasser de telles notions.

– J’avais cru remarquer. Maintenant, si vous pouviez cesser de jacasser. Vos bavardages commencent à me faire regretter vos ronflements.

– Je pensais au contraire que nous pourrions faire un brin de causette, tous les deux. Nous avons à peine eu le temps de discuter, sur cette île, et je vous assure que je suis un garçon des plus intéressants. Tenez, laissez-moi vous raconter la fois où… »

Norrington reposa une nouvelle fois sa plume avec un agacement tangible et se leva.

« Quoi, vous partez déjà ? »

Le commodore ne condescendit pas à répondre et la porte de la cabine claqua derrière lui. Jack croisa les bras derrière sa tête en souriant. Norrington ne pourrait pas l’éviter jusqu’à l’escale. Il n’avait pas fini de s’amuser.
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FIN

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On le 30 mai 2008 18:17 (UTC), gribouille commented:
Et en voilà une jolie fin... qui laisse présager de jolies choses quant à la suite de l'équipée XD Pauvre Norri, décidément... un navire n'est pas forcément mieux qu'une île déserte... du moins pas quand on veut éviter Sparrow XD

En tout cas, j'aime bien cette conclusion, et surtout ce que dit Jack sur sens du devoir et sens de l'honneur... ça colle parfaitement à Norrington ^_^
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On le 01 juin 2008 18:54 (UTC), zakath_nath replied:
Merci beaucoup!
Oui, les jours suivant risquent de mettre les nerfs de Norry à rudes épreuves. Ou alors ce sera le début d'une grande amitié...
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